
Avis de Ian : Sorti très discrètement à la fin de l’été dans les salles de cinéma, ce film mérite une séance de rattrapage en DVD zone1. Certes, le film de Bruce A. Evans, scénariste de Stand by me, possède de nombreux défauts, mais il n’est pas exempte de certaines qualités. A sa décharge, on peut citer une trop grande multitude d’intrigues (souvent inutiles) qui finissent par faire perdre le fil de l’histoire et emmène le film vers des directions diverses et variées. Outre le personnage principal, joué par un Kevin Costner incroyablement macabre et cynique (peut-être une de ses meilleures prestations), un schizophrène cherchant à vaincre ses démons , on assiste au conflit intérieur de sa fille (je ne le dévoilerai pas), aux problèmes conjugaux d’une flic millionnaire (et oui ça existe!) qui doit aussi faire face aux menaces d’un autre tueur en série, ainsi qu’à la montée en puissance de pulsions meurtrières d’un jeune photographe.. 
Vous avez suivis ? Alors que le scénario aurait pu se contenter d’une simple histoire de tueur en série poursuivi par la police, celui-ci nous offre pas moins de 4 histoires qui ont du mal à se connecter entres elles. De ce fait, on n’arrive que très rarement à s’attacher aux personnages, malgré l’effort des acteurs, Demi Moore en tête, qui en prenant de l’âge parvient de plus en plus à affiner son jeu. De plus, le film est long (2h), trop long pour le peu de scènes d’actions qu‘on y trouve, même si ces dernières sont assez efficaces dans leur genre. Que reste t-il alors à sauver me direz-vous? Et bien justement, le film tout entier. Rarement au cinéma, un personnage n’est apparu aussi froid, calculateur, méthodique, charismatique, que ce Mr. Brooks, excepté bien entendu le machiavélique Hannibal Lecteur. 
Mais ce qui différencie ces deux tueurs en série, outre leur manière d’assassiner leurs victimes, c’est le fait que Mr. Brooks ait quelque chose à perdre…sa famille, à laquelle il tient plus que tout. Il est même prêt à se sacrifier en s‘exposant et en allant contre ses propres principes, afin de protéger sa fille d’elle-même. C’est à ce moment là, qu’il devient touchant et pénétrable à la manière de Dexter dans la série du même nom.
Autre atout du film, les formidables joutes verbales entre Mr. Brooks et sa (mauvaise) conscience, Marshall, jouée par le toujours excellent William Hurt. Les voir se jeter la pierre, se donner des conseils et rire ensemble des effets de leurs actes, rappel un autre schizo célèbre : Tyler Durden dans Fight Club. C’est à un vrai duo de perversion auquel on assiste, très bien mise en scène (le temps se fige quand Marshall parle à Brooks) et terriblement déroutant. Ce qui revient à dire que le film aurait dû se limiter à se duel intérieur plutôt qu’à des confrontations externes. C’est donc, à un rendez-vous manqué, que fais penser ce Mr. Brooks. Au lieu d‘une vision linéaire, le réalisateur nous livre un film choral, bancal et banal, sauvé toutefois in extrémiste par le jeu des acteurs. 
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