
(par Rachel)
Ce film est basé sur une histoire vraie et part du constat que de nombreuses personnes disparaissent chaque année en Australie sans laisser de trace.
Souvent certaines ne sont jamais retrouvées. Où sont donc passées ces personnes ?
En fait, ce film ne se base sur aucune histoire en particulier mais plutôt sur celle qu'auraient pu vivre des milliers de personnes disparues..

Le réalisateur Greg Mclean nous conte à sa façon l'histoire de ces personnes disparues en se basant sur les faits des tueurs en série qui sévissaient en Australie.
Le réalisateur revisite complètement la catégorie des bushmen australiens façon Crocodile Dundee, sympathiques, débrouillard, souriants et charmeurs.


On se retrouve presque à nous demander si on ne va pas voir des familles de consanguins que l'on trouve par exemple dans des films comme Massacre à la tronçonneuse ou dans les films de Rob Zombie comme House of 1000 corpses.
Bien calés sur le canapé, le film s'annonçait plutôt bien.

Après une très longue description des personnages où il faut le dire franchement il ne se passe pas grand chose pour ne pas dire rien, le film démarre enfin. Et là c'est une déferlante de scènes ‘choc' qui se succèdent. Là nous commençons à apprécier et nous nous retrouvons dans le vif du sujet.

Malgré cela, il manque un petit quelque chose au film. Les personnages n'ont pas vraiment de profondeur. On se sent dégoutés de voir ce qu'ils subissent sans toutefois être peinés et tristes pour eux. Ils ne parviennent pas à nous donner de l'émotion et nous faire ressentir des sentiments.


Bien sûr, les scènes de torture sont dérangeantes et atroces. Le bushman qui parait de prime abord être un brave type qui veut juste aider notre trio est vicieux et cruel. Il aime jouer avec les gens qu'il kidnappe et il le fait d'une façon subtile et en douceur puisqu'il les endort. On imagine qu'en plus être un psychopathe qui garde les photos de vacances des pauvres touristes qu'il kidnappe, cet homme est aussi un pervers sexuel, ce qui ne nous étonne guère.
Il joue au chat et à la souris avec ces jeunes touristes. Il fait ainsi une sorte de chasse à l'homme, il ne se gêne pas pour les tirer comme des lapins au fusil ou de tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin.

D'autre part, ce film est terrible aussi parce qu'il peut être vrai et de par son côté réel, il effraie. Ce genre de choses peut se passer dans la réalité. Pour preuve le kidnapping et le meurtre récent en France d'Ilan Halimi par ceux que l'on surnomme le gang des Barbares.
Le film se passe donc en deux temps. La première partie est l'insouciance, la préparation des vacances, l'euphorie des prochaines vacances en perspective. Les trois étudiants ne sont pas véritablement liés. Ils se connaissent, sans plus.

Ensuite le réalisateur poursuit par un démarrage contrôlé sur des chapeaux de roue qui parvient à nous réveiller de la lassitude dans laquelle nous nous étions plongés.
S'ensuit des scènes de cruauté dignes de Massacre à la tronçonneuse où l'on voit le serial killer couper des doigts et poursuivre avec un malin plaisir ses victimes et là nous nous retrouvons devant un bon slasher movie. Certaines scènes sont assez effrayantes comme lorsque l'homme coupe les doigts de l'une des filles puis lui plante un couteau dans la moelle épinière pour qu'elle ne se sauve plus.
Là nous sommes tout à fait réveillés, nous sommes bien calés dans notre siège et nous observons.


D'un autre côté, on ne peut s'empêcher de douter de la véracité de ce que l'on voit. Lorsque la fille assène un coup au tueur, pourquoi faut-il toujours que la personne le laisse assommé sans s'assurer qu'il est bien mort pour s'enfuir ? Forcément le tueur va se réveiller et la poursuivre.
Du coup, le film peut énerver, comme ce fût mon cas.

Wolf Creek a été réalisé avec peu de moyens et a pour but de filmer les acteurs en milieu naturel. Greg McLean se détourne ainsi des films à gros budgets et bourrés d'effets spéciaux. Il préfère ainsi rendre hommage à son pays en filmant les décors naturels. L'Australie est si étonnante et grandiose qu'il serait dommage de ne pas la montrer. Wolf Creek est aussi le premier long métrage de Greg McLean. C'est pour cette raison qu'il concourrait d'ailleurs à la Caméra d'or à Cannes. Il a également été présenté au Festival de Sundance en 2005 et Gérardmer en 2006 où nous avons eu le privilège de rencontrer l'une des actrices Cassandra Magrath.